Canicule : la température sociale du travail

Toute ressemblance avec des situations existantes ou ayant existé en entreprise ne relève pas de la coïncidence.

Oui, il fait chaud.

La phrase est posée. Elle transpire un peu, elle n'apprend rien à personne, et elle circule déjà partout avec la modestie des évidences : dans les ascenseurs, les halls d'accueil, les voitures restées trop longtemps au soleil, les boulangeries, les cuisines, les ateliers, les files de caisse, les bureaux où l'air ne sait plus très bien s'il doit entrer ou sortir. Il y a toujours quelqu'un pour la prononcer avec le sérieux d'un témoin capital, comme si la journée venait de livrer son secret : aujourd'hui, il va faire très chaud.

Oui, il faut boire. Oui, il faut se protéger. Oui, il faut éviter les efforts inutiles. Oui, les villes gardent la chaleur, les nuits reposent mal, les organismes fatiguent, les personnes vulnérables doivent être entourées, les métiers dehors sont exposés, les travailleurs en cuisine, en soin, en livraison, en chantier, en entrepôt, en caisse ou en tournée traversent autre chose qu'un désagrément météorologique. Tout cela est vrai. Tout cela est nécessaire. Tout cela sera répété, à juste titre, par les messages de prévention, les consignes internes, les alertes officielles, les affiches un peu pâles et les mails d'entreprise qui commencent souvent par « dans le cadre de l'épisode de fortes chaleurs ».

Mais l'intérêt commence après l'évidence.

Ce qui mérite d'être regardé, ce n'est pas seulement que la France ait chaud. C'est que la France semble encore découvrir, chaque été, que la chaleur peut devenir une affaire sérieuse. Il y a là un petit théâtre national assez singulier : les températures montent, les corps fatiguent, les communiqués reviennent, les bouteilles d'eau réapparaissent, les ventilateurs changent brusquement de statut social et deviennent des objets stratégiques, les stores se ferment avec dix ans de retard, les horaires que l'on aurait pu repenser se discutent dans l'urgence, et l'organisation redécouvre que le travail n'est pas une abstraction managériale, mais une activité déposée dans des corps.

Ce marronnier annuel a quelque chose de lassant, précisément parce qu'il n'est plus seulement un marronnier. La chaleur n'arrive plus comme une anecdote de saison, une parenthèse excessive, une bizarrerie météorologique que l'on traverserait en soupirant avant de revenir aux choses sérieuses. Elle s'installe dans nos calendriers, dans nos villes, dans nos bâtiments, dans nos transports, dans nos manières de travailler. Elle oblige à une pensée plus adulte que la simple surprise. Certains territoires habitués depuis longtemps à vivre avec de fortes chaleurs ont, au moins en partie, intégré cette contrainte dans les rythmes, les horaires, les usages, les architectures, les manières d'habiter le dehors et le dedans. Il ne s'agit pas d'idéaliser ailleurs, ni de fabriquer une carte postale andalouse où tout aurait été miraculeusement compris depuis toujours. Il s'agit seulement de constater qu'un climat récurrent finit par exiger une culture matérielle.

Lorsque la chaleur devient structurelle, elle ne peut plus être traitée comme un incident.

Une épreuve de mémoire pour les organisations

C'est là que la canicule devient intéressante pour penser le travail. Elle ne constitue pas seulement un risque physique, bien que le risque physique soit évidemment premier. Elle est une épreuve de mémoire pour les organisations. Que savons-nous retenir d'une année sur l'autre ? Que savons-nous transformer après l'urgence ? Que savons-nous inscrire dans les locaux, les horaires, les équipements, les pratiques managériales, les marges de décision, les plans de continuité, les rythmes de production ? Une organisation qui redécouvre chaque été que ses salariés ont chaud n'est pas seulement surprise par la météo ; elle révèle parfois qu'elle n'a pas encore donné à la chaleur une place sérieuse dans sa pensée du travail.

La canicule ne tombe pas sur des fiches de poste. Elle ne traverse pas des organigrammes. Elle ne s'arrête pas poliment devant les intitulés de fonction. Elle entre dans les peaux, les souffles, les nuques, les yeux irrités, les jambes lourdes, les temps de réaction, les nuits écourtées, les trajets déjà pénibles avant même le début de la journée. Elle arrive parfois au travail avant le salarié lui-même, logée dans l'appartement trop chaud où il a mal dormi, dans le bus saturé, dans la voiture brûlante, dans l'enfant qu'il a fallu garder parce que l'école ou l'accueil s'adapte, dans la fatigue qui précède le badgeage. Le travail commence rarement au moment exact où l'on ouvre son ordinateur, son vestiaire, son camion ou sa caisse. Il commence avec l'état du corps qui arrive.

Or les organisations aiment penser le travail par le haut : missions, objectifs, compétences, procédures, transformations, indicateurs, performance, engagement. La chaleur, elle, pense par le bas. Elle commence par les pieds qui gonflent dans les chaussures de sécurité, par la blouse qui colle, par le casque qui retient l'air, par la tournée qui s'allonge, par la caisse où il faut rester aimable près d'une porte qui s'ouvre sans cesse sur un extérieur irrespirable, par la cuisine où la chaleur du dehors rejoint celle des fours, par le chantier où l'ombre se déplace plus vite que la tâche, par le domicile d'une personne âgée où l'aide à domicile entre déjà dans un air trop épais. La canicule fait descendre le travail de ses mots vers sa matière.

C'est une leçon presque brutale : le travail a un corps.

Pas un corps théorique, pas un corps décoratif, pas le corps que l'on convoque dans des discours bien-être entre deux slides sur la respiration. Un corps réel, c'est-à-dire vulnérable, intelligent, limité, thermorégulé, fatigué, parfois malade, parfois vieillissant, parfois enceinte, parfois sous traitement. Le corps au travail n'est pas une faiblesse privée. Il est la condition même de la production, du soin, du service, du geste juste, de l'attention, de la sécurité.

La chaleur est physique, l'exposition est sociale

La chaleur a cette précision : elle transforme la biologie en question sociale.

Tout le monde peut avoir chaud. Mais tout le monde ne peut pas faire la même chose de cette chaleur. La différence se situe là, dans la marge. Certains peuvent fermer des volets, reporter une réunion, demander le télétravail, s'installer dans une pièce plus fraîche, boire quand ils le souhaitent, adapter leur tenue, choisir un horaire, ralentir sans que leur professionnalisme soit immédiatement mis en doute. D'autres travaillent dans une chaleur assignée. Ils ne la commentent pas seulement, ils la portent. Leur poste ne part pas à l'ombre. Leur tournée ne s'évapore pas. Leur caisse ne se déplace pas. Leur patient doit être vu, leur chantier doit avancer, leur cuisine doit tourner, leur livraison doit arriver, leur présence doit être assurée.

La chaleur est physique. L'exposition est sociale.

Ce mot, exposition, me semble plus juste que beaucoup d'autres. Il permet de sortir de l'égalité trompeuse du thermomètre. Deux personnes peuvent vivre le même épisode caniculaire sans vivre la même canicule. L'une mesure l'inconfort ; l'autre mesure la tenue possible de son corps jusqu'à la fin du service. L'une cherche une salle moins chaude ; l'autre cherche un point d'eau. L'une baisse un store ; l'autre règle sa respiration. L'une se plaint d'un bureau étouffant, ce qui peut être parfaitement légitime ; l'autre n'a pas de bureau où se plaindre. Ce n'est pas une compétition de souffrance. C'est une cartographie des marges.

La température sociale du travail commence exactement là : dans l'écart entre ceux qui peuvent modifier leur exposition et ceux qui doivent continuer à s'y tenir.

L'ombre est une marge d'action

L'ombre devient alors un mot très concret, mais aussi très politique. Avoir accès à l'ombre, ce n'est pas seulement trouver un arbre, une climatisation, un auvent ou un couloir moins chaud. C'est avoir une marge d'action. Pouvoir dire que la tâche doit être déplacée. Pouvoir demander une pause sans être soupçonné de mollesse. Pouvoir ralentir sans que le mot « engagement » vienne aussitôt prendre une température morale. Pouvoir signaler que le poste devient difficilement tenable sans passer pour fragile, compliqué, peu adaptable. Pouvoir compter sur un manager qui n'attend pas le malaise pour croire au risque. Pouvoir bénéficier d'une organisation qui a pensé l'ombre avant que les corps la réclament.

C'est ici que certains mots du travail changent de couleur. La canicule les passe au thermomètre et révèle leur vrai degré de sérieux. « Agilité » peut devenir un mot élégant pour demander aux salariés d'absorber ce qui n'a pas été préparé. « Continuité de service » peut devenir un principe nécessaire, mais il doit alors être accompagné d'une réflexion précise sur ceux qui portent cette continuité dans leur corps. « Présentiel » cesse d'être une préférence managériale lorsqu'un déplacement inutile ajoute de l'exposition à une journée déjà lourde. « Engagement » devient suspect s'il empêche quelqu'un de dire qu'il ne peut plus tenir dans les mêmes conditions. « Qualité de vie au travail » cesse d'être une formule de brochure dès que la chaleur monte ; elle doit répondre à des questions presque enfantines dans leur simplicité, et donc redoutables dans leurs effets : qui a de l'air ? Qui a de l'eau ? Qui a une pause ? Qui a une chaise ? Qui a le droit de ralentir ? Qui peut dire stop sans payer socialement sa lucidité ?

Les grands mots fondent vite lorsque les conditions matérielles ne suivent pas.

Une consigne devient injuste mal adressée

Il ne s'agit pas, bien sûr, de se moquer des consignes de prévention. Elles sont nécessaires. Boire, s'abriter, adapter les efforts, surveiller les signes d'alerte, protéger les plus vulnérables, tout cela relève d'une vigilance indispensable. Mais une consigne devient injuste lorsqu'elle est adressée de la même manière à des personnes qui n'ont pas la même possibilité de l'appliquer. Dire « mettez-vous au frais » à quelqu'un dont le poste est dehors, dire « évitez les déplacements » à quelqu'un dont le métier consiste précisément à se déplacer, dire « adaptez votre rythme » à quelqu'un dont la cadence est décidée ailleurs, c'est confondre la prévention avec une recommandation de bon sens placée trop haut pour atteindre le réel.

Une prévention sérieuse commence lorsque l'organisation cesse de déléguer au seul individu la responsabilité de conditions qu'il ne maîtrise pas.

C'est pourquoi la canicule doit être lue comme une affaire d'organisation avant d'être réduite à une affaire de résistance individuelle. La vraie question n'est pas seulement de savoir qui supporte la chaleur, mais qui a été protégé de l'avoir à supporter trop longtemps, trop fort, trop seul. Une entreprise anticipe lorsqu'elle connaît ses postes exposés, ses locaux problématiques, ses horaires absurdes par forte chaleur, ses salariés isolés, ses métiers physiques, ses trajets contraints, ses zones sans air, ses équipements inadaptés. Elle anticipe lorsqu'elle accepte que certains objectifs soient révisés, que certaines tâches soient décalées, que certaines réunions deviennent dispensables, que certains horaires changent, que certaines présences soient repensées, que certains rythmes soient ralentis sans que cela soit vécu comme une défaite productive.

Il y a une intelligence du ralentissement. Ralentir n'est pas nécessairement renoncer. Ralentir peut être protéger la précision du geste, la sécurité du trajet, la qualité du soin, la vigilance du conducteur, l'attention du technicien, la patience de la personne en accueil.

Elle est difficile à admettre dans des organisations qui confondent encore trop souvent vitesse et sérieux. Quand la chaleur monte, ce n'est pas seulement le corps qui chauffe ; les relations aussi peuvent prendre feu plus vite. L'air immobile rend parfois les organisations plus nerveuses, plus cassantes, plus impatientes. La prévention n'est donc pas seulement physiologique. Elle est aussi sociale.

Réagir, ou anticiper

La canicule révèle ainsi les entreprises qui ont une culture du risque et celles qui n'ont qu'une culture de la réaction.

Réagir, c'est envoyer un mail quand tout le monde a déjà chaud. Anticiper, c'est avoir pensé en amont les seuils, les décisions, les responsabilités, les adaptations possibles. Réagir, c'est distribuer des bouteilles d'eau sans toucher aux horaires. Anticiper, c'est se demander qui n'aura pas le temps de boire, qui n'osera pas s'arrêter, qui travaillera seul, qui portera une tenue incompatible avec la température, qui rentrera chez lui dans un logement déjà surchauffé. Réagir, c'est rappeler que chacun doit être vigilant. Anticiper, c'est organiser les conditions matérielles qui rendent la vigilance possible.

Cette différence est majeure, parce que la chaleur n'est plus un événement marginal. Elle revient, insiste, se prolonge, arrive tôt, dure tard, s'infiltre dans des régions qui n'avaient pas construit leurs habitudes autour d'elle. Elle demande autre chose qu'une mémoire courte. Elle demande de l'architecture, au sens concret comme au sens organisationnel. Comment nos bâtiments respirent-ils ? Comment nos horaires supportent-ils l'été ? Comment nos métiers physiques sont-ils protégés ? Comment nos managers décident-ils lorsqu'un poste devient exposant ? Comment les salariés peuvent-ils parler de leur corps sans que cela soit interprété comme une plainte ou une faiblesse ? Comment les organisations apprennent-elles d'une canicule à l'autre, au lieu de rejouer chaque année la même scène, avec les mêmes étonnements et les mêmes ventilateurs sortis trop tard ?

Il faudrait peut-être cesser de considérer la chaleur comme une parenthèse météorologique et commencer à la traiter comme une donnée de conception du travail.

Regarder les métiers par exposition

Cela oblige à regarder les métiers autrement. Non pas seulement par qualification, niveau de responsabilité ou statut, mais par exposition. Un métier peut être essentiel et mal protégé. Un poste peut être peu reconnu et très exposé. Un salarié peut être considéré comme « opérationnel » alors que son corps est déjà au bord de la rupture. Un service peut être dit « continu » alors qu'il repose sur des discontinuités humaines que personne ne veut voir : la fatigue, la soif, le vertige, le sommeil insuffisant, l'attention qui se rétrécit, le geste qui perd en finesse, la parole qui devient plus sèche, la patience qui baisse.

Ce n'est pas de la fragilité. C'est de la physiologie. Et la physiologie, contrairement à certains indicateurs, ne se négocie pas longtemps.

Il faut aussi tenir ensemble deux réalités. Certaines activités ne peuvent pas s'arrêter parce qu'il fait chaud. Soigner, accompagner, nourrir, transporter, réparer, maintenir, accueillir, sécuriser, nettoyer, livrer, construire parfois, tout cela peut rester nécessaire. Mais la nécessité ne donne pas le droit d'exposer sans penser. Au contraire, plus une activité est indispensable, plus les corps qui la rendent possible devraient être protégés avec intelligence. La reconnaissance ne consiste pas à remercier après coup celles et ceux qui ont tenu. Elle consiste à ne pas organiser leur endurance comme une ressource disponible.

C'est peut-être là l'angle mort le plus profond : nous admirons trop souvent la tenue des corps au lieu de questionner les conditions qui les obligent à tenir.

Ce « faire avec » est parfois une compétence magnifique. Mais lorsqu'il devient la base implicite du fonctionnement, il se transforme en violence douce. Une violence sans grand fracas, mais qui demande aux corps d'être plus robustes que l'organisation n'est prévoyante.

La canicule rend cet angle mort visible. Elle montre que certaines organisations reposent encore sur une sorte de pari silencieux : les salariés feront avec. Ils boiront quand ils pourront, ralentiront quand personne ne regardera, serreront les dents, prendront sur eux, arrangeront leur tenue, trouveront une ombre entre deux tâches, feront attention, absorberont, compenseront.

Une température sociale se mesure aussi à cela : à la quantité de robustesse que l'on exige des individus pour compenser le manque d'anticipation collective.

Le travail comme situation, pas seulement comme fonction

Il y a, dans cette affaire, une dimension très concrète de justice. La justice au travail ne se joue pas seulement dans les salaires, les promotions, les contrats ou les statuts, même si elle s'y joue évidemment. Elle se joue aussi dans l'accès à des conditions soutenables. Dans le droit de ne pas être exposé plus que nécessaire. Dans le droit d'être cru lorsque le corps signale une limite. Dans le droit de voir son poste évalué non seulement comme une fonction, mais comme une situation réelle, avec une température, un air, un poids, une cadence, une tenue, une marge, une fatigue. Le travail n'est jamais seulement ce qui est prescrit ; il est ce qui arrive à quelqu'un pendant qu'il essaie de faire ce qui est prescrit.

La canicule oblige à cette précision. Elle retire le vernis des discours trop propres. Elle demande moins de slogans et plus de seuils. Moins de communication et plus d'organisation. Moins de bonne volonté affichée et plus de décisions prises à temps. Elle demande de savoir, avant midi, qui sera dehors à quinze heures. Elle demande de connaître les tournées, les zones chaudes, les locaux impossibles, les postes isolés, les vulnérabilités invisibles. Elle demande de ne pas confondre équité et uniformité : protéger tout le monde ne veut pas dire donner la même consigne à chacun, mais adapter la protection à l'exposition réelle.

Il y a des salariés pour qui la canicule est une gêne. Il y en a pour qui elle est une épreuve. Il y en a pour qui elle est un risque. Une organisation adulte sait faire la différence.

Nous pouvons donc, bien sûr, continuer à dire qu'il fait chaud. La phrase aura toujours son utilité sociale minimale. Elle permet d'ouvrir une conversation, d'échanger une grimace, de reconnaître que quelque chose pèse dans l'air. Mais il serait dommage d'en rester là, comme si la chaleur était seulement un décor commun. La canicule n'est pas seulement un décor. C'est un révélateur. Elle montre qui a une marge et qui n'en a pas. Qui peut s'abriter et qui reste exposé. Qui peut ralentir et qui doit prouver qu'il tient. Qui travaille dans des conditions pensées et qui travaille dans des conditions supportées. Qui bénéficie d'une organisation et qui devient lui-même l'organisation de secours.

Alors peut-être faut-il lire la canicule autrement. Non comme un accident, mais comme un texte. Un texte un peu brutal, écrit dans l'air immobile, les murs chauds, les corps fatigués, les pauses trop courtes, les horaires mal pensés, les mots managériaux soudain trop lisses. Un texte qui dit, sans beaucoup de politesse, que le travail ne sera jamais vraiment moderne tant qu'il continuera à découvrir ses corps seulement quand ils commencent à souffrir.

La température sociale du travail, finalement, ne se mesure pas à la chaleur qu'il fait dehors.

Elle se mesure à la manière dont une organisation protège ceux qui ne peuvent pas simplement se retirer du soleil.

Marlène BOURGEOIS

Service social du travail externalisé et coaching professionnel

https://www.cabinetmb-solutionssociales.fr
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