L’entreprise aime les chiffres. Elle devrait préférer les mathématiques.

Toute ressemblance avec des situations existantes ou ayant existé en entreprise comme dans nos vies ordinaires ne relève pas de la coïncidence.

Lewis Carroll, qui donna à la littérature l'un de ses mondes les plus extravagants, était aussi mathématicien et logicien. Rien de paradoxal : les mathématiques n'exigent pas que le réel soit sage. Elles exigent qu'un mot conserve son sens, qu'une règle ne change pas au milieu de la partie et qu'une conclusion puisse répondre de ce qui la fonde. L'entreprise, elle, aime le chiffre lorsqu'il tranche. Elle aime moins ce qui le rend mathématiquement honnête : définir ce qu'il mesure, tenir les règles jusqu'au bout et ne conclure que ce que le raisonnement permet réellement d'établir.

L'entreprise compte beaucoup. Elle mesure, compare, additionne, classe et transforme le travail en taux, en courbes, en moyennes, en scores et en indicateurs. Elle compte les heures, les jours d'absence, les recrutements, les départs, les accidents, les délais, les coûts, les objectifs atteints et ceux qui ne le seront probablement pas. Elle mesure même la satisfaction, l'engagement, le bien-être, la confiance ou le sentiment d'appartenance, comme si les mouvements les plus intimes d'une personne pouvaient finir par consentir à entrer dans une cellule Excel.

Cette passion numérique lui donne une apparence de grande rationalité. Un tableau bien construit, quelques pourcentages alignés et une courbe dont la couleur a été choisie avec sérieux suffisent parfois à produire cette impression rassurante que le réel a été saisi, ordonné, rendu enfin présentable. Les discussions se prolongent tant qu'elles demeurent humaines, incertaines, contradictoires ; puis un chiffre apparaît et chacun semble reconnaître qu'une autorité supérieure vient d'entrer dans la pièce.

« Quatre-vingt-deux pour cent. »

Le nombre tombe avec la netteté d'un verdict. Il ne hausse jamais le ton, ne se montre ni susceptible ni embarrassé, ne paraît défendre aucun intérêt particulier. Sa précision visible lui confère une innocence que nous accordons rarement aux paroles. Pourtant, quatre-vingt-deux pour cent ne disent encore presque rien. Quatre-vingt-deux pour cent de quoi, de qui, sur quelle période, en réponse à quelle question, parmi combien de personnes sollicitées et combien de personnes restées silencieuses ? Le nombre peut être parfaitement exact et la pensée qui l'entoure profondément insuffisante.

Car aimer les chiffres ne signifie pas nécessairement aimer les mathématiques.

L'entreprise se croit rationnelle parce qu'elle produit des chiffres, alors que les mathématiques exigent précisément ce qu'elle évite souvent : définir, démontrer, déplier, vérifier la cohérence et reconnaître les limites d'un raisonnement. Les chiffres peuvent servir à clore une discussion ; les mathématiques obligent, au contraire, à reprendre la question depuis le début.

Elles ont cette courtoisie.

Elles ne demandent pas de deviner ce qui n'a pas été dit. Elles ne déplacent pas leurs règles au milieu de la démonstration pour préserver celui qui s'est trompé. Elles n'accordent aucune valeur particulière à une proposition parce qu'elle a été formulée par la personne la plus haut placée, répétée avec suffisamment d'assurance ou inscrite dans un document dont la mise en page inspire confiance. Elles demandent que les termes conservent leur sens, que les hypothèses soient déclarées et que chaque conclusion accepte de répondre du chemin qui a permis de l'atteindre.

Cette courtoisie n'a rien de tendre au sens ordinaire du mot. Les mathématiques peuvent être abruptes, exigeantes, parfois vertigineuses. Elles ne promettent pas de rendre le monde plus simple qu'il ne l'est et ne récompensent pas les raisonnements à moitié menés sous prétexte que l'intention était bonne. Mais elles offrent quelque chose de rare dans un univers professionnel saturé d'implicites : personne n'est supposé comprendre une règle qui n'a jamais été formulée, interpréter une consigne changeante ou s'adapter silencieusement à l'incohérence de celui qui possède davantage de pouvoir.

Une démonstration peut être élégante, inventive, surprenante. Elle peut emprunter un chemin auquel personne n'avait pensé. Cette liberté n'autorise pourtant aucun saut clandestin. Chaque passage doit tenir, non parce qu'une autorité l'a décidé, mais parce qu'il reste possible d'en examiner la solidité.

Lewis Carroll connaissait admirablement cette distance entre l'apparence d'un raisonnement et la solidité d'une pensée. Il serait sans doute imprudent de transformer Alice au pays des merveilles en traité secret dont chaque lapin, chaque changement de taille et chaque tasse de thé dissimuleraient une théorie mathématique précise. La force du livre tient ailleurs : dans la rencontre entre une imagination littéraire et un esprit attentif aux règles, à leurs conséquences et aux catastrophes délicieusement absurdes qui surviennent lorsque les mots, les mesures et les raisonnements cessent de tenir ensemble.

À Wonderland, la logique n'a pas disparu. Elle prolifère même avec une assurance remarquable. Les personnages argumentent, objectent, déduisent, reformulent et imposent des conclusions. Le problème vient rarement d'une absence totale de raisonnement. Il vient des prémisses absurdes, des mots dont le sens se déplace, des règles modifiées au milieu de la partie et de l'autorité qui décide, selon son intérêt du moment, de ce qui devra désormais être tenu pour cohérent.

Alice cherche moins à échapper au raisonnement qu'à retrouver un monde où celui-ci engagerait encore ceux qui l'emploient.

C'est peut-être pour cette raison que Wonderland nous paraît si étrangement familier.

L'entreprise préfère parfois une autre forme de raisonnement. Elle pose l'objectif, construit l'indicateur qui permettra de le suivre, puis s'habitue si bien à cet indicateur qu'elle finit par le confondre avec la réalité qu'il devait seulement éclairer. La mesure cesse alors d'être une représentation partielle du monde ; elle devient le monde lui-même. Ce qui n'entre pas dans la case perd progressivement de son existence, tandis que ce qui peut être compté acquiert une importance que sa simple mesurabilité ne justifie pas toujours.

Un appel traité en six minutes devient un appel efficace. Un dossier fermé devient un problème résolu. Une présence enregistrée devient une participation. Une formation suivie devient une compétence acquise. Un salarié qui n'a signalé aucune difficulté devient un salarié qui n'en rencontre aucune. Une réponse positive à un questionnaire devient la preuve qu'une politique produit les effets annoncés.

Chaque équivalence paraît assez raisonnable pour passer inaperçue. Pourtant, entre ce qui a été mesuré et ce qui est affirmé, un déplacement s'est produit. Le chiffre n'a pas menti ; quelqu'un lui a simplement demandé de raconter davantage que ce qu'il savait.

Les mathématiques commencent précisément à cet endroit. Elles interrogent la définition, le périmètre, la méthode, les variables retenues et celles qui ont disparu en chemin. Elles demandent si les populations comparées le sont réellement, si la période choisie modifie le résultat, si une moyenne décrit le groupe ou recouvre des écarts considérables, si deux phénomènes qui évoluent ensemble entretiennent un lien de causalité ou partagent seulement le même graphique. Elles rappellent qu'un modèle peut être utile sans être complet et qu'une conclusion correcte dans certaines conditions devient fausse dès que ces conditions ne sont plus réunies.

Le domaine de validité demeure l'une des grandes élégances de la pensée mathématique. Une proposition n'est pas lâchée dans le monde avec la prétention de rester vraie partout et pour toujours. Elle annonce les conditions dans lesquelles elle tient. Elle accepte ses frontières. Elle ne vit pas cette limitation comme un aveu de faiblesse, mais comme une condition de justesse.

Les discours professionnels possèdent rarement cette modestie. Une expérience menée sur un site devient une bonne pratique généralisable. Une corrélation observée pendant quelques mois devient une explication. Une moyenne nationale est appliquée à une équipe particulière. Quelques réponses enthousiastes suffisent à valider un dispositif, tandis que les personnes qui n'ont pas répondu disparaissent de l'analyse, comme si leur silence n'était pas, lui aussi, une donnée à comprendre.

Le résultat peut alors être techniquement exact et humainement faux.

Une entreprise peut afficher un taux moyen de satisfaction très honorable tout en laissant une partie de ses salariés dans une situation profondément dégradée. La moyenne n'a commis aucune faute ; elle a fait ce qui lui était demandé. Elle a réuni des réalités différentes dans une valeur unique. Le problème commence lorsque cette valeur centrale sert à effacer ceux qui vivent aux bords de la distribution.

Le salarié moyen, d'ailleurs, possède une existence professionnelle remarquable. Il travaille un nombre moyen d'heures, connaît une fatigue moyenne, dispose d'un revenu moyen, parcourt une distance moyenne et exprime un niveau moyen de satisfaction. Il traverse les tableaux de bord avec une docilité parfaite. Aucun enfant malade ne désorganise sa journée, aucun handicap ne modifie son rapport au trajet, aucun parent vieillissant ne réclame sa présence, aucune dette, aucune séparation, aucune maladie ne déplace l'équilibre prévu. Il n'existe pas, mais beaucoup de décisions sont prises comme s'il représentait chacun.

Les mathématiques, pourtant, ne demandent pas de s'agenouiller devant la moyenne. Elles savent regarder la dispersion, les écarts, les extrêmes, les concentrations, les ruptures et les cas qui résistent au résumé. Elles savent qu'une valeur centrale peut être pertinente et néanmoins insuffisante. Elles ne reprochent pas aux singularités de compliquer le tableau ; elles cherchent à comprendre ce que leur présence révèle de sa construction.

Cette discipline devrait intéresser particulièrement la santé au travail. Les organisations y manipulent des taux d'absentéisme, de fréquence, de gravité, de rotation du personnel, de reconnaissance, d'adhésion, d'exposition ou de satisfaction. Ces nombres sont nécessaires. Renoncer à les produire au nom de la complexité humaine serait une autre manière de refuser de voir. Mais leur utilité dépend de la qualité des questions posées autour d'eux.

Un taux d'absentéisme augmente. Que mesure-t-il exactement ? Une détérioration de la santé, une meilleure reconnaissance des arrêts nécessaires, une épidémie saisonnière, un changement de population, des difficultés concentrées dans un service, des conditions de travail devenues intenables ou plusieurs de ces réalités à la fois ? La courbe monte, mais elle ne choisit pas elle-même son interprétation.

Un turnover diminue. Faut-il s'en réjouir ? Peut-être. Mais une faible rotation peut signaler la fidélité, la qualité des conditions de travail et la possibilité de se projeter. Elle peut également traduire un marché de l'emploi fermé, la crainte de perdre un revenu, l'absence de solution ailleurs ou l'épuisement qui retire jusqu'à la capacité de partir. Le nombre demeure identique ; le sens, lui, change entièrement.

Un indicateur n'est jamais coupable d'être incomplet. Il devient dangereux lorsque son incomplétude est dissimulée sous l'apparence de la vérité.

Une réunion commence ainsi avec une question, se poursuit avec un indicateur et s'achève avec une décision qui ne répond plus tout à fait à la question initiale. Une notion change de sens sans que personne ne signale le déplacement. La « qualité » devient la rapidité, la « présence » devient l'engagement, la « prévention » devient la capacité individuelle à supporter ce qui n'a pas été modifié, la « consultation » devient la présentation d'une décision déjà prise. Les termes sont encore là, parfaitement reconnaissables, mais leur contenu a changé de propriétaire.

Puis le tableau de bord arrive et donne à l'ensemble l'apparence d'une démonstration.

Il faudrait peut-être regarder avec davantage d'attention ce prestige particulier du chiffre. Le nombre est souvent présenté comme ce qui dépolitise la décision, la délivre des affects et la protège de l'arbitraire. « Les données montrent que… » La phrase semble retirer la main humaine qui a choisi ce qu'il fallait recueillir, la manière de le catégoriser, la période à observer et la question à laquelle le résultat serait censé répondre.

Pourtant, les données ne se lèvent pas seules le matin pour rejoindre un tableau. Elles sont produites, sélectionnées, nettoyées, ordonnées et interprétées. Chaque indicateur porte la trace de décisions antérieures, même lorsque cette histoire a disparu de sa présentation finale. Le choix de mesurer constitue déjà une manière de regarder ; le choix de ne pas mesurer en constitue une autre.

Dire cela ne revient pas à soupçonner toute donnée d'être manipulée. Il s'agit, au contraire, de la prendre suffisamment au sérieux pour ne pas lui prêter une neutralité magique. La rigueur mathématique ne consiste pas à croire davantage les nombres que les êtres humains. Elle consiste à demander aux nombres, comme aux paroles, d'où ils viennent, ce qu'ils permettent d'établir et ce qu'ils ne savent pas dire.

Cette exigence produit parfois de l'inconfort. Elle ralentit les décisions, complique les présentations et oblige à renoncer aux conclusions trop propres. Elle introduit des intervalles là où chacun espérait une certitude, des nuances là où une opposition binaire aurait facilité le choix, des conditions là où le pouvoir aurait préféré une affirmation définitive. Elle rappelle qu'un résultat peut être probable sans être certain, significatif sans être décisif, utile sans être suffisant.

L'entreprise aime peu l'incertitude lorsqu'elle apparaît dans la bouche d'une personne. « Je ne sais pas encore », « les éléments ne permettent pas de conclure », « plusieurs interprétations restent possibles » peuvent être entendus comme des signes d'indécision ou de faiblesse. Les mathématiques, elles, savent que reconnaître l'incertitude constitue parfois la forme la plus aboutie de la précision.

Elles savent également qu'une exception ne détruit pas toujours le raisonnement, mais qu'elle peut en révéler les limites. Là encore, le monde professionnel se montre moins patient. Celui qui ne correspond pas au modèle est volontiers présenté comme un cas particulier, une anomalie ou une difficulté individuelle. Son existence complique la lecture générale ; elle sera donc placée en note, confiée à un dispositif périphérique ou traitée comme un écart qu'il faudrait ramener vers la norme.

Mais les cas particuliers ne sont pas toujours des accidents du réel. Ils peuvent révéler que le modèle a été construit à partir d'un nombre trop limité de vies.

Une politique de mobilité paraît cohérente jusqu'à ce qu'elle rencontre le salarié sans voiture, le parent séparé, la personne en situation de handicap ou celle dont les horaires de transport ne coïncident pas avec ceux du poste. Une organisation hybride semble souple jusqu'à ce qu'elle croise un logement trop petit, un métier non télétravaillable ou une situation de santé qui ne supporte pas l'improvisation. Un dispositif présenté comme universel découvre soudain qu'il avait, depuis le début, dessiné son utilisateur idéal.

La personne qui ne rentre pas dans l'équation ne constitue pas nécessairement le problème. Il arrive que l'équation ait été écrite trop vite.

Préférer les mathématiques aux chiffres supposerait donc une transformation plus profonde que l'ajout de quelques compétences statistiques. Il ne s'agirait pas de multiplier les outils, les scores ou les tableaux, mais de retrouver une éthique du raisonnement : déclarer les hypothèses, définir les mots, ne pas comparer ce qui ne peut l'être sans précaution, ne pas dissimuler l'incertitude, montrer ce que le modèle laisse de côté et accepter qu'un résultat exact ne suffise pas à produire une décision juste.

Il faudrait également consentir à ce que certaines réalités résistent à la quantification sans perdre pour autant leur valeur. Tout ce qui compte ne se laisse pas compter avec la même docilité. La peur de prendre son poste, la perte progressive de confiance, le sentiment d'être devenu inutile, la fatigue de devoir constamment s'adapter ou l'effort nécessaire pour paraître aller bien ne possèdent pas toujours une unité de mesure stable. Leur difficulté à entrer dans un tableau n'autorise pas à les traiter comme des impressions secondaires.

Les mathématiques elles-mêmes connaissent cette distinction entre le réel et sa représentation. Elles n'exigent pas que le monde entier prenne la forme du modèle ; elles permettent de construire un modèle pour éclairer une partie du monde. La faute n'est pas de simplifier. Toute pensée simplifie pour pouvoir avancer. La faute commence lorsque la simplification oublie qu'elle en est une et réclame que les personnes se réduisent pour lui donner raison.

Il existe, dans la précision véritable, une forme d'attention. Définir correctement une population, regarder les écarts, interroger les absences de réponse, distinguer une corrélation d'une cause, annoncer les limites d'un résultat ne relèvent pas seulement de la technique. Ces gestes empêchent de faire violence au réel sous prétexte de mieux le connaître. Ils obligent à ne pas utiliser l'autorité du chiffre pour faire taire ce qu'il n'a pas su contenir.

Les mathématiques peuvent alors cesser d'apparaître comme une langue froide opposée à l'humain. Elles deviennent, au contraire, une discipline de l'honnêteté. Elles rappellent que la clarté ne consiste pas à retirer toute complexité, mais à montrer précisément ce qui a été simplifié. Elles n'interdisent pas la décision ; elles empêchent seulement de la déguiser en conséquence automatique d'un calcul.

Car aucune formule ne décide seule. Entre le résultat et l'action demeure toujours une responsabilité humaine. Un indicateur peut éclairer, alerter, comparer ou mettre en évidence une évolution. Il ne dit pas ce que nous devons juger acceptable, la valeur que nous accordons à une vie, le risque que nous choisissons de faire porter à certains ni les conséquences que nous sommes prêts à regarder.

Lorsque l'entreprise affirme que « les chiffres parlent d'eux-mêmes », elle leur demande souvent de parler à sa place.

Les chiffres ne demandent pourtant pas tant de pouvoir. Ils pourraient rester ce qu'ils sont : des traces, des représentations, des éléments de compréhension. Ils deviendraient même plus utiles si nous cessions de les charger de fermer les controverses humaines auxquelles aucune opération ne fournira jamais, à elle seule, une réponse morale.

L'entreprise n'a donc pas besoin de compter moins. Elle a besoin de penser davantage ce qu'elle compte. Elle pourrait conserver ses indicateurs, ses courbes et ses tableaux, mais leur rendre les questions qu'elle a parfois retirées pour les rendre plus présentables. Que mesure ce nombre ? Qui demeure hors du cadre ? Quelle hypothèse soutient cette conclusion ? Jusqu'où reste-t-elle valable ? Qu'est-ce qui changerait si le regard se déplaçait légèrement ?

Préférer les mathématiques aux chiffres, ce serait accepter qu'une pensée rigoureuse ne fournisse pas toujours une réponse rapide. Ce serait renoncer à confondre la netteté d'une présentation avec la justesse d'un raisonnement, et la précision d'un nombre avec la profondeur de ce qu'il raconte. Ce serait surtout reconnaître qu'une organisation devient réellement rationnelle non lorsqu'elle mesure tout, mais lorsqu'elle sait encore douter proprement de ce qu'elle a mesuré.

Lewis Carroll avait imaginé un pays où les conversations pouvaient conserver toutes les apparences de la logique tandis que les mots changeaient de sens, que les règles se déplaçaient et que le pouvoir décidait de la conclusion avant la fin du raisonnement.

Nous l'appelons Wonderland.

Dans l'entreprise, cela commence parfois par un chiffre parfaitement exact, installé au milieu d'un tableau parfaitement clair, auquel plus personne ne songe à poser la seule question véritablement mathématique :

Qu'est-ce que cela démontre, exactement ?

Marlène BOURGEOIS

Service social du travail externalisé et coaching professionnel

https://www.cabinetmb-solutionssociales.fr
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