Le mois d’août n’a rien promis.

Toute ressemblance avec des situations existantes ou ayant existé, dans l'entreprise comme dans nos vies ordinaires, ne relève pas de la coïncidence.

Pardonnez-moi, chère lectrice, cher lecteur : dans les lignes qui suivent, le mois d'août sera un homme.

Ce choix ne dit rien de ce que devrait être le désir d'une femme, ni de la forme que prendrait nécessairement l'attente amoureuse. Il ne prétend distribuer aucun rôle, encore moins fournir une grammaire générale des sentiments. Il se trouve simplement que la métaphore m'est venue ainsi : lorsque j'ai cherché à donner un visage à ce mois que nous attendons de loin, auquel nous prêtons tant de qualités avant même de l'avoir rencontré, c'est la silhouette d'un homme idéal qui s'est avancée. Je n'ai pas souhaité la corriger au nom d'une neutralité qui aurait rendu le texte plus prudent, mais peut-être moins vrai.

Chacun demeure donc libre de lui substituer le visage de son attente. Les métaphores ont parfois le sexe de la scène intérieure qui les a fait naître ; elles ne demandent pas aux autres de s'y reconnaître exactement, seulement d'en comprendre le mouvement. Août sera ici un homme parce que je l'ai imaginé comme un rendez-vous amoureux, avec ce que les rendez-vous longtemps rêvés contiennent d'espérance, de mise en scène, de malentendu et, quelquefois, de déception. Ce n'est pas une définition du désir. C'est le parti pris d'un récit.

Peut-être faudrait-il commencer par reconnaître cela avant de lui en vouloir : nous nous présentons devant le mois d'août comme devant quelqu'un que nous croyons déjà connaître. Nous l'avons observé de loin pendant des mois, nous lui avons prêté des intentions, une douceur, une capacité singulière à comprendre ce que nous ne prenions même plus le temps de nous expliquer à nous-mêmes. Avant son arrivée, nous avons composé la scène, choisi la lumière, imaginé la conversation et préparé jusqu'à la personne que nous deviendrions en sa présence. Nous avons rangé dans une valise intérieure le sommeil en retard, les livres jamais ouverts, les conversations remises à plus tard, les corps contraints de tenir, les liens que le rythme des jours avait distendus et cette part de nous-mêmes dont nous pensions qu'elle réapparaîtrait aussitôt que l'agenda cesserait de parler plus fort que nous.

Nous avons décidé qu'il nous ferait du bien.

Août, lui, n'avait encore rien dit. Le malheureux devait seulement venir après juillet.

Nous avions pourtant déjà écrit son rôle. Il devait nous reposer sans nous confronter à l'étendue de notre fatigue, nous rendre disponibles sans nous obliger à regarder ce qui avait occupé jusque-là toute la place, redonner du silence à nos pensées, de la souplesse à nos journées et un peu d'hospitalité à ces corps devenus, au fil de l'année, des instruments dociles dont nous attendions surtout qu'ils ne nous interrompent pas. Il devait rapprocher les familles sans réveiller leur histoire, rendre aux couples une légèreté que la vie quotidienne avait lentement recouverte, faire parler les adolescents, dormir les enfants, sourire les parents, ralentir le temps et laisser intact le compte bancaire. Nous attendions de lui qu'il fût lumineux sans être étouffant, dépaysant sans devenir compliqué, généreux sans coûter trop cher, familier sans être envahissant, assez vaste pour nous faire oublier le reste de l'année, mais suffisamment prévenant pour ne rien déranger de ce que nous avions soigneusement maintenu en place.

En somme, nous lui demandions ce que nous demandons parfois à l'être idéal : deviner nos contradictions, les accueillir avec grâce et nous épargner l'effort de les formuler.

Il faut dire que les mois précédents avaient travaillé avec zèle. Ils avaient comprimé les semaines, serré les agendas, dispersé l'attention et laissé derrière eux une quantité impressionnante de conversations à moitié dites, de repas avalés sans présence, de messages auxquels nous avions répondu trop vite et de nuits qui n'avaient pas suffi. La fatigue avait progressivement cessé d'être un accident pour devenir une manière presque ordinaire d'habiter le temps. Nous ne disions plus que nous étions fatigués, tant la précision aurait paru inutile ; nous disions que la période était dense, que cela irait mieux après telle échéance, après tel dossier, après la fin du trimestre, après les vacances. Chaque « après » repoussait un peu plus loin le moment où nous accepterions de regarder ce que nous étions en train de demander à nos vies.

À mesure que le présent se rétrécissait, août prenait de l'ampleur. Il n'était plus seulement le huitième mois de l'année, mais une perspective vers laquelle nous tournions les yeux chaque fois que les journées devenaient trop étroites. Nous déposions en lui ce que les semaines ordinaires ne parvenaient plus à contenir : du repos, du départ, du désir, une famille moins difficile, un couple moins distrait, une solitude moins sonore, un corps plus habitable, quelques heures durant lesquelles personne ne réclamerait rien. Nous lui confiions surtout l'espoir d'une vie qui, sans changer tout à fait, cesserait un instant de demander autant.

De loin, il avait tout pour plaire. Rien ne lui était encore arrivé. Il ne pleuvait pas, les trains n'étaient pas supprimés, les locations ressemblaient aux photographies, les enfants acceptaient les promenades, les adolescents levaient les yeux de leur téléphone, les parents ne vieillissaient pas et les couples ne se disputaient ni pour la route, ni pour l'argent, ni pour cette façon très personnelle qu'a chacun de se reposer en empêchant parfois l'autre d'en faire autant. Tant qu'il restait à venir, août possédait l'élégance parfaite des choses futures : chacun pouvait y déposer ce qui lui manquait sans que le réel eût encore l'indélicatesse de répondre.

C'est ainsi que commencent les grands malentendus sentimentaux.

Nous croyons attendre quelqu'un, mais nous attendons souvent la personne que notre désir a installée à sa place. Nous lui prêtons une profondeur, une douceur, une disponibilité que rien n'a encore démenties, puis nous nous étonnons presque qu'il arrive avec ses limites, ses silences, ses distractions et cette obstination irritante à n'être que lui-même. La déception ne vient pas toujours de ce que l'autre nous a refusé ; elle naît parfois de la distance entre son existence réelle et le roman composé avant sa venue.

Août se présente avec la même innocence coupable. Il arrive avec ses jours ordinaires, sa météo variable, ses réveils trop matinaux, ses heures parfois longues, ses maisons trop pleines ou trop vides, ses dépenses imprévues, ses corps qui ne deviennent pas légers parce qu'un calendrier a changé de page et ses inquiétudes qui savent admirablement changer de décor sans perdre leur adresse. La fatigue voyage très bien. Elle se glisse entre deux vêtements, s'installe dans une chambre inconnue et contemple la mer sans éprouver la moindre obligation de disparaître. La maladie voyage également ; le deuil aussi, ainsi que cette solitude particulière qui se fait parfois plus visible au milieu des lieux consacrés à la joie. Quant aux tensions familiales, elles supportent parfaitement le soleil : elles peuvent déjeuner sous une tonnelle, marcher le long d'un port, sourire le temps d'une photographie et reprendre, sitôt la porte refermée, exactement là où elles s'étaient interrompues.

Rien de tout cela ne constitue une trahison. C'est seulement le réel qui se présente au rendez-vous en tenue de ville, alors que nous avions cru reconnaître, au bout du chemin, l'homme idéal.

Il n'avait pourtant rien promis. Aucun contrat ne portait sa signature, aucun serment n'avait été prononcé, aucune garantie de réparation ne figurait au bas du calendrier. Il s'était contenté de venir après juillet avec trente et un jours à peu près semblables aux autres, mais nous avions interprété son silence comme un engagement. Il faut reconnaître qu'il possédait cette manière très efficace de promettre sans parler : puisque rien n'était dit, nous pouvions lui faire dire tout ce dont nous avions besoin.

À force d'être attendu, le mois d'août devient ainsi une administration imaginaire du bonheur. Elle n'a ni guichet, ni décret, ni formulaire en trois exemplaires pour demander une joie conforme à la saison, mais elle exerce une autorité discrète sur nos conversations. Elle se glisse dans les « tu pars où ? », les « vous avez prévu quelque chose ? », les « profitez bien, cela va vous faire du bien », puis elle se retrouve, au retour, dans cette question aimable et redoutable : « Alors, c'était bien ? »

La question ne cherche pas à blesser. Elle appartient à la politesse, parfois même à une attention sincère, mais elle suppose que quelque chose devait avoir réussi. Une coupure, un voyage, un rapprochement, une preuve que le mois avait servi. Elle appelle une réponse suffisamment heureuse pour tenir dans un couloir, entre deux portes ou devant une machine à café : oui, c'était bien ; oui, nous avons profité ; oui, cela nous a fait du bien. Le bonheur estival doit pouvoir se raconter rapidement, sans note de bas de page et sans détour biographique, car la réponse exacte exigerait parfois d'évoquer la location trop chère, le père qui décline, l'enfant qui ne va pas bien, le couple qui s'est parlé moins que prévu, le corps qui n'a pas accepté la trêve ou cette angoisse restée assise au bord du lit alors que tout, autour d'elle, semblait inviter à la légèreté.

Le ministère invisible du bonheur obligatoire n'a pas besoin d'être brutal. Il lui suffit de présenter la réussite du mois d'août comme une évidence.

Or rien n'est évident dans le repos. Le mot « vacances » lui-même porte une ambition considérable : il évoque une vacance, une place libérée, une disponibilité assez grande pour que la vie puisse se déplacer. Mais beaucoup arrivent en août sans véritable espace libre. Les obligations changent de lumière, les inquiétudes changent de pièce et les fatigues se couchent sur un autre oreiller ; l'existence, elle, ne s'allège pas nécessairement. Il arrive que seul le décor soit devenu plus clair.

Il ne s'agit évidemment pas de prétendre que les vacances seraient une illusion, ce qui serait faux, injuste et franchement triste. Il existe de vrais départs, de vraies joies, de vrais repos. Certains étés réparent quelque chose, non parce qu'ils auraient remis toute une vie en ordre, mais parce qu'ils ont offert une respiration, une conversation inattendue, une peau moins tendue, une matinée durant laquelle le café a refroidi sans que personne regarde l'heure. Il existe des repas qui se prolongent, des enfants qui reviennent parler, des corps qui consentent enfin à ralentir, des couples qui se souviennent qu'avant de gérer une maison, des rendez-vous, des comptes et des inquiétudes, ils avaient simplement aimé être ensemble. Cette beauté existe et mérite de rester intacte, sans être aussitôt ramenée à une naïveté ou à un privilège coupable.

Mais la joie se fragilise lorsqu'elle devient une obligation de présentation. Une société qui annonce le bonheur au même moment pour tout le monde finit par rendre honteux ceux chez qui il ne se produit pas. Elle n'a pas besoin de leur reprocher ouvertement leur tristesse ; il lui suffit d'avoir tant promis la joie que son absence commence à ressembler à un échec personnel. Le malheur pèse toujours lourd, mais il devient plus difficile encore lorsqu'il se présente pendant la saison officiellement consacrée à son contraire.

Cette honte ne fait aucun bruit. Elle se cache dans le mot « tranquille », choisi pour raconter un été qui fut surtout solitaire ou contraint ; elle habite l'adjectif « reposant », prononcé par un corps revenu presque aussi fatigué qu'il était parti ; elle oblige à sourire parce que la réponse juste serait trop longue pour la conversation proposée. Dire que le mois d'août n'a pas été heureux impose presque de s'expliquer : pourquoi nous ne sommes pas partis, pourquoi nous sommes partis si peu, pourquoi nous avons dépensé sans vraiment profiter, pourquoi la famille réunie n'a pas produit l'harmonie attendue, pourquoi le silence espéré a rendu la solitude plus sonore, pourquoi nous n'avons rien fait sans parvenir pourtant à nous reposer.

Comme si le bonheur avait été mis à notre disposition et que nous avions manqué de compétence pour nous en servir.

Personne, pourtant, ne tient véritablement le mauvais rôle. Celui qui demande où nous sommes partis ne cherche pas nécessairement à mesurer la valeur de notre existence, pas plus que celui qui souhaite de bonnes vacances ne rédige un cahier des charges du bonheur. Nous circulons tous dans cette petite grammaire estivale avec nos pudeurs, nos arrangements, nos espoirs et nos défenses. Chacun tente de préserver quelque chose : une intimité, une image, une joie réelle que les mots risqueraient d'abîmer, une déception encore trop proche ou une fatigue que nous ne souhaitons pas déposer dans les mains de n'importe qui.

Le travail, pendant ce temps, n'a jamais complètement quitté la scène. Même lorsque la messagerie est fermée et l'ordinateur laissé à distance, il demeure dans le bruit des choses qui attendent, dans le dossier qui reprendra sa place au retour, dans le collègue qui dérange « seulement une minute », mais surtout dans l'idée que l'interruption devra produire un effet. Il faudrait revenir reposé, disponible, plus patient, de meilleure humeur et presque réparé, comme si les vacances avaient reçu pour mission de remettre les êtres en état avant que l'activité ne reprenne ses droits.

Nous parlons de « recharger les batteries » avec une légèreté qui mériterait d'être interrogée. Les êtres humains ne se branchent pas quelques semaines sur une plage avant de retrouver leur rendement nominal. Un salarié épuisé en juillet ne devient pas neuf au premier septembre ; une année de tensions ne se dissout pas dans une piscine et un corps poussé trop longtemps au-delà de ses limites ne consulte pas le calendrier social avant de réclamer son dû. Pourtant, la formule persiste parce qu'elle dit quelque chose de très contemporain : même le repos doit désormais prouver son utilité.

Il ne suffit plus qu'il ait été vécu. Il faut qu'il nous rende plus efficaces.

Le travail poursuit alors les êtres jusque dans le temps censé les soustraire à sa logique. Il ne réclame plus directement une production, mais une récupération ; il transforme les vacances en opération de maintenance et le mois d'août en atelier discret de remise en état des personnes. Le repos devient une tâche parmi les autres : il faut organiser, réserver, choisir, optimiser, occuper les enfants, voir la famille, préserver le couple, profiter sans trop dépenser, ne rien manquer et ne surtout pas revenir plus fatigué qu'avant. Le rendez-vous amoureux tourne à l'entretien annuel du bonheur privé, avec indicateurs de récupération, bilan familial implicite et restitution prévue à la rentrée autour d'un café.

Dès que le repos doit réussir, il commence à ressembler au travail dont il devait nous éloigner.

La déception vient peut-être moins de ce qu'août nous donne que de la quantité de réparations que nous lui confions. Nous demandons à quelques semaines de reprendre ce que toute une organisation du temps a lentement défait. Nous lui demandons la paix parce que nous avons vécu dans le bruit, le corps parce que nous avons passé l'année dans notre tête, le lien parce que les jours ordinaires l'ont fragmenté, le désir parce que la gestion quotidienne l'a relégué derrière les courses, les rendez-vous médicaux, les tableaux à remplir et les mots de passe oubliés. Nous lui demandons de rendre le monde plus fréquentable, non par naïveté pure, mais parce qu'il faut bien déposer quelque part l'espérance d'une autre manière de vivre.

Il faudrait donc se garder de mépriser cette attente. Elle dit notre fatigue, certes, mais également notre refus de considérer cette fatigue comme le seul état possible. Si nous confions tant de choses au mois d'août, c'est peut-être parce que l'année nous offre trop peu de moments où demander moins. Nous continuons à imaginer que les journées pourraient ne pas être entièrement soumises à ce qu'il faut accomplir, que le temps pourrait cesser de se confondre avec son emploi et qu'une vie ne devrait pas avoir besoin de s'interrompre pour redevenir habitable.

Août concentre cette espérance, et sa déception nous atteint pour cette raison davantage qu'une contrariété météorologique. Il ne rate pas seulement ses vacances ; il semble parfois manquer le rendez-vous avec la vie que nous pensions pouvoir retrouver.

Certains étés ressemblent à une rencontre lumineuse. D'autres, soyons honnêtes, à un vieux rencard un peu médiocre dont nous ressortons en disant que c'était sympathique, ce qui constitue, dans la langue sociale, un verdict d'une cruauté remarquable. Août arrive parfois plus bancal, plus cher, plus chaud, plus pluvieux, plus familier et moins réparateur que prévu, mais ce décalage ne suffit pas à le rendre inutile. Même décevant, il demeure une tentative, imparfaite et très inégalement distribuée, de sortir de la phrase principale de l'année.

Il ne constitue pas toujours cette vacance entière que son nom semblait annoncer. Il est parfois seulement un aparté, un léger déplacement dans la manière de tenir la journée. La vie ne change pas nécessairement de pièce ; elle se tourne un instant de côté et parle moins fort. Ce mouvement est plus modeste que la grande réparation attendue, mais il n'est pas rien.

Peut-être faudrait-il alors demander moins au mois d'août afin de mieux recevoir ce qu'il peut donner. Non pas quatre semaines de bonheur garanti, formule admirable et parfaitement invivable, ni cet homme idéal du calendrier qui comprendrait nos contradictions, porterait nos valises, apaiserait nos familles, remettrait du désir dans nos vies et de l'ordre dans tout ce que l'année a laissé de travers, mais un temps un peu moins chargé, un rendez-vous moins idéalisé, un espace dans lequel il ne serait pas obligatoire de réussir le bonheur et seulement possible de laisser passer un peu d'air.

Il y aurait sans doute moins de déception si nous arrivions devant lui avec moins de roman. Août ne sait pas transformer les familles en tableaux harmonieux, les couples en scènes de cinéma, les corps douloureux en silhouettes légères ni les salariés épuisés en êtres neufs au matin de la rentrée. Ce n'est pas qu'il manque de talent ou de générosité. C'est qu'il n'est qu'un mois.

Il faut peut-être lui pardonner cela, et nous pardonner, dans le même mouvement, d'avoir tant attendu de lui. Notre espérance n'était ni ridicule ni coupable ; elle était seulement trop lourde pour trente et un jours. Elle disait notre besoin de repos, notre manque de temps et notre désir d'une existence moins fragmentée. Elle disait surtout tout ce que nous ne parvenions plus à demander au reste de l'année.

Août n'avait jamais prétendu être l'amour de notre vie. Il avait seulement proposé de passer.

Et ce passage, même imparfait, peut laisser une heure plus lente, un repas sans urgence, une conversation revenue sans prévenir, une fatigue qui cesse quelques instants de demander la permission d'exister. Ce n'est pas le bonheur promis à toutes et tous, ni la réparation générale que nous avions imaginée, et ce ne sont même pas toujours des vacances. C'est moins grand, certainement, mais peut-être plus habitable : une brèche dans l'année, une respiration de côté, un aparté du vivant.

Au prochain rendez-vous, peut-être arriverons-nous moins maquillés d'attentes, moins chargés d'espérances et moins décidés à faire de ce pauvre mois le réparateur officiel de tout ce que l'année aura laissé en désordre. Peut-être lui accorderons-nous enfin le droit d'être seulement août, avec ses lenteurs, ses maladresses, ses insuffisances et ses petites grâces.

Et peut-être qu'à force de ne plus lui demander d'incarner l'homme idéal du calendrier, nous saurons recevoir ce qu'il peut offrir de plus modeste et de plus vrai : non pas une promesse tenue, mais un léger déplacement dans notre manière d'être au monde.

Marlène BOURGEOIS

Service social du travail externalisé et coaching professionnel

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